Les gens sont exaspérés d’attendre à l’urgence. On ne trouve plus de médecin de famille. Pour un examen spécialisé, pour une chirurgie non urgente, l’attente peut être très longue, décourageante. Par dépit, de plus en plus de Québécois se laissent convaincre que les problèmes pourraient peut-être se régler en faisant plus de place au privé, ou même à un système de santé parallèle réservé aux riches capables de payer. A-t-on raison de se laisser tenter?

 

L’accès aux services de santé dépend de trois facteurs

Les statistiques annuelles de l'OCDE sur la situation des services de santé dans  les pays économiquement avancés démontrent que l’accès dépend de trois facteurs: le taux de lits d'hôpital, le nombre d’infirmières et le nombre de médecins par millier d'habitants. Les temps d'attente diminuent quand on a un nombre adéquat de lits de soins aigus et de longue durée, d'infirmières et de médecins.

 

Or, qu’est-ce qu’on a fait au milieu des années 90 au Québec? On a coupé des lits et fermé des hôpitaux, mis à la retraite des milliers d’infirmières et de médecins en plus de réduire les places en faculté de médecine pour former ces derniers. Les milieux d’affaires et le gouvernement nous avaient convaincus qu’il le fallait au nom de l’économie, de l’exigence des marchés. Le même lobby d’affaires est à l’œuvre aujourd'hui pour nous convaincre que pour régler le problème d’accès, il faut recourir à un système de santé privé.