Un mythe veut que tous les maux des sportifs soient dus à l’accumulation d’acide lactique dans les muscles ou de lactate dans le sang. Mise au point.
Dès qu'on pousse un peu fort sa machine, ça fait mal: aux muscles, au ventre et parfois à l'ego. Et si ça fait mal, il faut bien qu'il y ait un responsable. On prétend souvent que l'acide lactique (ou le lactate) occasionne la douleur. Cette idée reçue est largement entretenue par les revues sportives populaires.
D'abord, une certitude: à haut régime, les muscles déversent dans la circulation sanguine de l'acide lactique sous forme d'un sel qu'on appelle le lactate. Mais, quand on examine en détail la façon dont l'énergie est produite dans le muscle au cours d'efforts de diverses intensités, on se rend compte que le lactate n'a pas tous les vices qu'on lui prête.
Il n'existe pas une fatigue musculaire, mais plutôt des fatigues musculaires. En effet, bien que leur manifestation soit la même, c'est-à-dire l'impossibilité de poursuivre l'effort, la fatigue du sprinter n'est pas celle du marathonien, et celle-ci n'est pas celle de l'haltérophile ou de l'alpiniste, etc. Il est naïf de penser que le lactate constitue la seule et unique cause des diverses formes de fatigue musculaire. En fait, selon plusieurs arguments expérimentaux, l'acide lactique et le lactate n'ont finalement pas grand-chose à voir avec la fatigue musculaire.


